CINEMA Rubrique

« De sable et de feu » : le « Dle yaman » pour un réalisateur d’origine arménienne


Située entre 1802 et 1818, De sable et de feu narre l’histoire vraie et épique d’un officier de l’armée espagnole et conspirateur de génie. Missionné par l’Espagne, Domingo Badia, alias Ali Bey El Abbassi, va rencontrer Lady Hester Stanhope, une aristocrate anglaise, plus connue sous le nom de Meleki, et ils vont vivre ensemble un destin hors du commun qui bouleversera le Moyen-Orient.

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Ce drame historique, c’est le réalisateur Souheil Ben Barka qui l’a réalisé. Arménien par sa grand-mère maternelle, il a tenu à faire venir Valentina Vartui Karakhanian, une chanteuse arménienne, pour qu’elle chante le Dle yaman - la musique étant très présente dans le film pour accentuer son effet dramatique. Il explique à nos confrères d’Africultures.com : « On a mis le paquet pour la musique, c’était nécessaire. Je voulais absolument cette musique, que je connais depuis tout petit. Ma mère était d’origine arménienne par sa mère. On chantait le Dle yaman durant les fêtes arméniennes et c’est devenu le chant de résistance contre les Ottomans quand les Arméniens ont été chassés de Turquie ».

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La rencontre du réalisateur Souheil Benbarka avec le cinéma a eu lieu en 1962, alors qu’étudiant à Rome où il préparait le concours d’entrée à l’école polytechnique de Milan, il est tombé par hasard, dans les rues de Rome, sur le tournage d’une scène du film , de Federico Fellini. En 1966, il est reçu premier au concours d’entrée au « Centro Sperimentale di Cinematografia » de Rome, dans la section mise en scène. Brûlant les étapes, il devient quelques mois plus tard assistant de Pier Paolo Pasolini pour son film Œdipe Roi. Il s’installe au Maroc en 1970 et, à partir de 1972, il produit et réalise 8 longs métrages, une dizaine de documentaires, plus de 200 films publicitaires. Il dit : « J’ai toujours choisi librement mes sujets et les protagonistes de mes films. Cette fois-ci, j’ai le sentiment d’avoir été choisi par son héros. Qui pourrait résister au charme de ce grand bluffeur d’Ali Bey ? Des gens les plus humbles aux princes les plus puissants, il les met tous dans sa poche. Napoléon, tombant à son tour sous son charme, interroge Talleyrand : « Est-ce un génie ou un illuminé ? » Ce à quoi Talleyrand répond, impertinent : « Une subtile combinaison des deux, Sire. De celle qui donne les grands hommes ». »

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De sable et de feu, c’est un film d’aventures dans la tradition des épopées populaires, émaillées de rebondissements et portées par des héros intrépides. Avec Ali Bey, le spectateur est transporté à travers l’Espagne, la France, l’Angleterre, le Maroc, dans les décors fastueux des palais de Madrid, de Paris, de Londres et du Maroc en ce début du XIXe siècle. Avec Lady Hester il parcourt les déserts en feu de l’Arabie et les ruines de Palmyre. C’est une chevauchée fantastique où se mêlent le courage, l’amour, l’ambition et la tragédie. Mais le film aborde aussi des thèmes d’une actualité brûlante : guerres, barbarie, fanatisme religieux, remise en cause des valeurs occidentales considérées jusque là comme le modèle universel… Grand film d’aventures, grand film historique, De sable et de feu est aussi un grand film d’aujourd’hui.

Claire Barbuti

De sable et de feu, réalisé par Souhel Ben Barka
Avec Rodolfo Sancho, Carolina Crescentini, Imanol Arias
En salles le 18 septembre

par Claire le mercredi 18 septembre 2019
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