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Macron, Merkel et Johnson discutent avec Erdogan : « utile » mais « toutes les ambiguïtés pas levées »


Londres, 3 déc 2019 (AFP) - Emmanuel Macron, Angela Merkel et Boris Johnson
ont eu une rencontre « utile » de près d’une heure mardi avec le président turc
Recep Tayyip Erdogan, après une montée de tensions liées au dossier syrien,
sans parvenir à lever "toutes les ambiguités selon le président français.
Cette réunion, organisée à Londres avant le début du sommet de l’Otan, a
été « bonne et substantielle », a déclaré la chancelière allemande. Mais elle
"ne peut être que le début d’une discussion plus longue car le temps était
trop limité", a-t-elle ajouté. Une nouvelle réunion dans ce format pourrait se
tenir en février, selon elle.
Emmanuel Macron a souligné que les quatre dirigeants avaient affiché "une
claire volonté« de »dire que la priorité est la lutte contre Daech (l’acronyme
arabe du groupe jihadiste Etat islamique, ndlr) et le terrorisme dans la
région (au Moyen-Orient), et que rien ne saurait la divertir« . Il y a aussi »une convergence très forte" entre eux sur le dossier des réfugiés en Turquie
et sur la nécessité d’une solution politique au conflit syrien.
Mais "toutes les clarifications n’ont pas été obtenues et toutes les
ambiguïtés n’ont pas été levées", a ajouté le président français, vivement mis
en cause par son homologue turc, qui l’a jugé en « état de mort cérébrale ».
Avec la Turquie, "il y a des désaccords qui existent, des choix qui ne sont
pas les mêmes, mais il y a la nécessité d’avancer", a-t-il expliqué.
Les relations entre Paris et Ankara se sont tendues après le lancement de
l’offensive turque dans le nord de la Syrie contre la milice kurde des YPG, un
allié clé dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).
La Turquie est exaspérée par le soutien de la France aux Forces
démocratiques syriennes (FDS) et par ricochet à une de ses principales
composantes, les YPG, qu’Ankara considère comme une extension du Parti des
travailleurs du Kurdistan (PKK), son ennemi juré, et une entité terroriste.
Emmanuel Macron a affirmé que la France n’avait "aucune ambiguité à l’égard
du PKK« , qu’elle considère comme un mouvement »terroriste". Mais il a estimé
que les groupes politiques luttant contre l’EI "ne sauraient être qualifiés en
totalité de groupes terroristes« , même si certains »peuvent avoir des
accointances avec les groupes terroristes« . »Nous savons faire le distingo
entre les uns et les autres", a-t-il souligné.

par Ara Toranian le mercredi 4 décembre 2019
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